Deux choses que je crois fermement à propos du Web

Suite à un désistement de dernière minute, j’ai publié une bafouille pour le dernier jour de 24 jours de web (que je pensais publier ici à la base). (Pour l’anecdote, je m’étais toujours dit que je pourrais écrire moi même un article si besoin pour 24 jours de web. C’est plutôt bon signe que ça ne soit arrivé que maintenant, à la huitième édition.)

Numéros pour œuvres audiovisuelles

Vu sur Twitter :

Ces racines de numéros de téléphone fictives, réservées pour le cinéma, peuvent être utilisées comme exemples de saisie dans vos formulaires :

01 99 00
02 61 91
03 53 01
04 65 71
05 36 49
06 39 98

Article 2.5.12 Numéros pour œuvres audiovisuelles

La faute de l’orthographe

Via Twitter, ce TEDx de Arnaud Hoedt et Jérôme Piron sur l’orthographe française est merveilleux. J’avais souvenir de leur passage chez Par Jupiter ! sur France Inter (pour la promo de leur spectacle et livre correspondant).

J’aime tout particulièrement ce passage (à partir de 15:20) :

Il existe encore une raison de défendre une orthographe compliquée : le sens de l’effort. Comme c’est compliqué, c’est exigeant ; et cette exigence apprend à nos enfants à se dépasser.

Les gens ont l’impression que si l’on simplifie, on va faire moins d’efforts.
Mais on ne va pas faire moins ! On va faire mieux. (Bon, c’est dur de dire à ceux qui ont souffert qu’ils ont souffert pour rien.)

Tout le temps de mémorisation mécanique d’exceptions ânonnées, « Pou, hibou, caillou », tout ce temps pourrait être converti en temps de pratique, de découverte, de réflexion, de littérature ou d’histoire de la langue.

Donc, en un sens, la simplification constitue bien un nivellement par le haut.

J’ai souvent entendu de la part de graphistes peu soucieux que se plier à des contraintes d’intégration, c’était appauvrir le Web. Mais la citation ci-dessus s’applique à merveille ici. Tout le temps de reproduction mécanique d’effets photoshopés, cette petite ombre portée qui combine mode de fondu et whatmille effets, tout ce temps pourrait être converti en temps passé à améliorer l’accessibilité, la performance, l’interopérabilité ou le référencement. Donc, en un sens, la simplification du design sur le Web constitue bien un nivellement par le haut.

Mettre ses propres histoires sur la Lunii

J’ai deux enfants de deux et quatre ans. Et il y a quelques temps, mon grand avait reçu en cadeau une Lunii, la « fabrique à histoires ». C’est un boîtier non connecté, avec un écran minimaliste et une interface facile à prendre en main pour des enfants (un bouton à tourner sur le côté pour allumer et régler le volume, un gros bouton à tourner à gauche pour faire ses choix et un gros bouton à appuyer à droite pour valider).

J’étais un peu rétiscent avant d’en avoir une parce que j’avais l’impression que le côté « fabrique » d’histoires n’était qu’un bête remplacement de nom automatisé. Mais ce sont en fait de vraies histoires à embranchement à la manière des histoires dont vous êtes le héro. Le hic, c’est que pour avoir ces histoires, il faut passer par le Luniistore (une application/boutique à installer sur son ordinateur) et on est limité au catalogue proposé.

C’est d’autant plus dommage que le monde regorge de podcasts pour enfants gratuits. Et aussi que les enfants ont une imagination débordante et que ce serait bien rigolo de les enregistrer pour qu’ensuite ils puissent s’écouter sur la Lunii.

Il y a quelques mois, j’ai donc demandé sur Twitter si quelqu’un savait comment « hacker » une Lunii pour y mettre ses propres histoires. (Mes maigres recherches n’avaient rien donné.) Et c’est ainsi qu’on m’a dirigé vers STUdio (pour « Story Teller Unleashed »), une application Java disponible sur GitHub créée par Marian Muller. STUdio permet de créer ses propres packs d’histoires et de les charger sur sa Lunii.

Lire la suite de « Mettre ses propres histoires sur la Lunii »

troisdoublev – Épisode 1 – Le Web

https://youtu.be/_VM9jG8TXeA

Voilà. Ça y est. J’ai enfin sorti une première vidéo sur Youtube. J’en parle ici depuis au moins 2016.

troisdoublev est une série de vidéos sur le Web qui parle du Web. La vision que j’ai, c’est de pouvoir montrer ça à quelqu’un qui veut travailler dans le Web (quelque soit sa branche) et de pouvoir cerner les concepts importants en quelques minutes. (J’avais en tête de faire des vidéos de cinq minutes. Bon, j’ai un peu dépassé pour la première.)

Alors on me demande déjà quand sort la prochaine. Cette vidéo m’a demandé entre 80 et 100 heures de travail. (Dont une à deux journées de formation à Adobe Premiere, et plein d’erreurs de débutants qui m’ont demandé de réenregistrer plein de passages plusieurs fois.) Pour bien faire, il faudrait que j’arrive à faire une vidéo en 15 à 20 heures. Si j’arrive à sortir une vidéo tous les deux mois, je pense que ce sera déjà super. Mais j’ai envie de continuer à faire de manière publique et transparente, donc vous pouvez suivre mes avancées sur GitHub.

Pour les allergiques à Youtube (vous avez raison), je prévois de mettre à disposition mes vidéos en téléchargement direct sur mon propre domaine (en HD et en SD).

PS : Oui, ma vidéo s’est faite strikée par le Comité International Olympique à peine uploadée. L’intégration ci-dessus ne fonctionne donc pas et il faudra aller sur Youtube pour lire la vidéo.

En 2019, j’ai fait ça.

Suivant mes rétrospectives de 2016, 2017 et 2018, voici le temps de faire le point sur l’année écoulée. En 2019, j’ai fait ça.

1 article en français

2 articles en anglais

2 conférences

Cette dernière était je crois le plus haut point de mon année. Et je suis éternellement reconnaissant envers Vitaly Friedman de m’avoir invité au sein de la famille de Smashing Magazine.

Je ne crois que je n’oublierais jamais ce qu’il m’a dit à peine descendu de scène, une fois ma conférence terminée. « Il faut que je te fasse venir aux États-Unis. » C’est donc avec une excitation immense que je serais en 2020 à Austin et New York.

Un des trucs dont je suis particulièrement satisfait aussi, c’est de m’être enregistré pendant l’une de mes répétitions (voix et écran) et d’avoir diffusé la vidéo sur Youtube au même moment que mon passage sur scène. Ça ne m’a pas demandé énormément de travail en plus (à part pour les sous-titres que j’ai fait dans un second temps), c’était amusant à faire (à part pour les sous-titres que j’ai fait dans un second temps) et c’était super d’avoir des retours de personnes non présentes. Je le referais à nouveau sans hésitation.

Ce que je n’ai pas fait

  • Écrire un livre sur l’intégration d’e-mails.
  • Faire une chaîne Youtube pour parler du Web. Je suis vraiment déçu d’avoir raté les 30 ans du Web. J’avais pourtant réussi à me dégager du temps pour ça en début d’année. Malheureusement, pas assez. Mais je suis assez confiant maintenant pour dire que ça devrait bientôt arriver.

Et aussi…

  • 2 formations
  • 24 jours de web
  • Email Coding Guidelines. Ça faisait un moment que je mettais de côté des bonnes pratiques d’intégration sans vraiment savoir comment les publier. Une série d’articles ? Garder ça pour le livre ? Finalement, un dépôt GitHub s’est avéré être la meilleure solution pour pérenniser ce contenu et pouvoir le mettre à jour.
  • Mettre à jour le site de ma boîte. Ce projet mériterait à lui seul une conférence ou une série d’articles. Mais qu’est-ce que ça fait plaisir d’avoir enfin sorti ça.
  • caniemail.com. J’ai commencé à travailler sérieusement dessus à partir de mars, en me disant que si jamais je n’arrive pas à lancer ça avant 2020, alors c’est que le projet ne sera jamais. Ça a été un bon leitmotiv et les retours lors du lancement ont été assez incroyables. Là aussi, je crois qu’une conférence pour raconter tout ça pourrait être un bon sujet.

Modern-Day Dialup

Je n’ai jamais trop compris le besoin d’avoir de la 4G dans un ordinateur portable. Mais cette explication de Marco Arment dans le dernier ATP m’a convaincu (à 54:10).

On est tous suffisamment vieux pour avoir été là quand le haut débit est arrivé. Et, plus important encore, pour avoir été là avant que le haut débit n’arrive. Et l’un des gros changements qui arriva quand on passait du bas débit au haut débit… Oui, ça allait plus vite. Mais vous étiez aussi toujours connecté. Vous étiez simplement toujours en ligne. Votre ordinateur était toujours connecté. En opposition avec le fait de devoir d’aller quelque part dans votre barre de menus ou peu importe, de dire « Connectez moi à Internet s’il vous plaît », d’attendre quelques secondes et enfin d’être connecté.

C’est exactement ce qu’est le « tethering ». C’est littéralement exactement ça. En gros vous ne faites qu’une version moderne du bas débit. Vous devez aller dans votre menu. Ensuite vous allez sur le truc et dites « Connectez mon téléphone s’il vous plaît ». Et vous attendez quelques secondes. Et ensuite vous y êtes. C’est totalement différent du fait d’être au beau milieu de n’importe où, de sortir son iPad ou son iPhone avec une connexion cellulaire et de juste être en ligne. Vous sortez votre téléphone et il est en ligne. Aussi simple que ça. C’est une façon complètement différente de fonctionner. Et c’est pour ça que je veux ça aussi sur un Macbook.

Slow down

Sacha Baron Cohen (Borat, Ali G, …) dans un discours remarquable contre « la haine, le racisme et le fanatisme » (à 18:54) :

Voici une autre bonne pratique : ralentissez. Chaque publication n’a pas besoin d’être publiée immédiatement.

Oscar Wilde a dit : « Nous vivons à une époque où les choses inutiles sont devenues nos seules nécessités ». Mais permettez moi de vous demander : est-ce qu’avoir la moindre pensée ou vidéo publiée instantanément, même si elle est raciste ou criminelle, vraiment une nécessité ? Bien sûr que non.

Le tireur qui a massacré des musulmans en Nouvelle-Zélande a diffusé en direct son atrocité sur Facebook, où ça s’est ensuite propagé sur Internet et a été vu certainement des millions de fois. C’était un « snuff movie », diffusé pour vous par les réseaux sociaux. Pourquoi ne peut-on pas avoir un délai afin que ces saletés traumatisantes peuvent être arrêtées avant d’être publié en premier lieu ?

#NoTechforICE

Via Twitter, cette illustration par Michelle Abernathy sur le mot-dièse #NoTechforICE. Le mois dernier, Microsoft (via GitHub) a renouvelé son contrat avec ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement), responsable de la détention et séparation des familles immigrées aux États-Unis (notamment depuis 2018 et l’adoption de la politique de séparation des familles par le gouvernement américain).

Un vélo pour l’esprit

Via Reddit, ce reportage de 1981 sur les ordinateurs avec une interview de Steve Jobs.

J’avais lu une étude dans Scientific America dans les années 1970, et cette étude mesurait l’efficacité de déplacement pour différentes espèces ou choses sur la planète. Des oiseaux, poissons, chiens… Et l’étude les classait. And il s’est avéré que le condor gagnait. Le condor utilisait le moins d’énergie pour aller d’un point A à un point B. Et l’Homme arrivait avec un résultat peu impressionnant environ aux deux tiers en bas de la liste. Mais quelqu’un dans ce magazine a eu l’idée de tester l’efficacité de l’Homme à vélo. Et l’Homme à vélo était deux fois plus efficace que le condor, loin devant en haut de la liste. Ça illustre vraiment bien la capacité de l’Homme en tant que constructeur d’outils à concevoir un outil pour amplifier une capacité qu’il possède d’origine. Et c’est exactement ce que j’ai le sentiment que nous faisons.

J’avais déjà lu plein de fois cette expression de « vélo pour l’esprit », mais je crois que je n’avais jamais eu l’explication complète.

Le clavier virtuel du Nintendo eShop

Le clavier virtuel pour enregistrer un code de téléchargement dans le Nintendo eShop sur Nintendo Switch désactive par défaut les lettres O, I, Z. Ça évite tout doute lorsqu’on saisit un code (c’est un deux ou un « S » ? un « L » ou un « i » ?). Ça fait plusieurs fois que je le remarque et je trouve ça vraiment malin.

(Capture d’écran via cette vidéo. Fait intéressant, Nintendo désactive la fonctionnalité capture d’écran sur cette page dans l’eShop.)

Letting Go: A Florence Postmortem

Florence est problablement l’un de mes jeux préférés de ces dernières années sur iOS. Dans une conférence post-mortem, Ken Wong (directeur de création du jeu) explique pourquoi il a voulu faire un jeu narratif (à 10:37).

Personnellement, je n’aime pas la plupart des jeux narratifs. Je n’ai rien contre eux, c’est juste que ce n’est pas ma tasse de thé. Mais parfois, ne pas être un fan de quelque chose peut être un avantage.

Le concepteur de jeu Zach Gage n’aime pas les jeux de lettres. Donc il a fait un jeu de lettres dans lequel il s’attaquait à certaines lacunes du genre. Le résultat est SpellTower, qui est vraiment vraiment bien.

Donc parfois, je pense que quelqu’un de sceptique, ou un étranger, est capable de trouver une façon différente de faire les choses. Peut-être une approche que les enthousiastes du genre ont raté.

Get Paid What You’re Worth to Speak at Conferences

Dans son dernier article (derrière un mur payant mais lisible gratuitement en passant par Twitter), Mike Monteiro insiste sur le fait d’être payé pour parler à des conférences.

Sur la quinzaine de conférences que j’ai donné depuis 2012, j’ai été payé deux fois pour donner une conférence. Dans les deux cas, c’étaient des évènements organisés par des sociétés privées servant avant tout à leur propre promotion. En règle général, je ne demande jamais à être payé pour parler à des conférences auxquelles j’ai très envie d’aller en premier lieu. Mais dans le cas où l’on me demande de parler à une conférence que je ne connais pas, et que mon agenda ne permet pas forcément de préparer une conférence sur mon temps libre, alors une rémunération me permet de me libérer du temps de mon travail quotidien pour travailler sur la dite conférence.

Dans son article, Mike Monteiro insiste notamment pour plus de diversité.

Laissez moi une seconde pour parler aux mecs blanc : Salut Kevin et Chad. Voilà ce qu’on va faire. Chaque fois que vous êtes invités à parler quelque part, vous allez demander qui d’autre est déjà prévu pour parler. Vous allez vous assurer qu’il y a des femmes au planning. Vous allez vous assurer qu’il y a des personnes de couleur au planning. Vous allez vous assurer que la communauté LGBTQ+ est au planning. Et si ce n’est pas le cas, vous allez recommander des gens aux organisateurs à mettre au planning et vous allez faire de ça une condition pour être vous même au planning. Ceci est non négociable, messieurs.

C’est vraiment quelque chose sur lequel je veux être plus exigeant.

TF1, Internet et le Web

Hier, j’ai publié sur Twitter un thread qui a plutôt bien tourné. Mais je n’aime pas trop le format de thread à la base, alors je le reposte ici.

Mardi prochain, le Web fête ses 30 ans. La presse va s’en donner à cœur joie pour confondre le Web et Internet. TF1 décroche déjà le gros lot hier soir avec cette intro qui enchaîne 3 erreurs en 20 secondes.

TF1, Internet et le Web

C’était il y a 30 ans, autant dire la préhistoire. Deux chercheurs du CNRS publient sur un écran d’ordinateur la toute première page web. Cette révolution a un nom : Internet.

  1. Erreur 1 : Les chercheurs sont du CERN (le Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire, organisme européen basé en Suisse), pas du CNRS (le Centre National de la Recherche Scientifique, organisme public français). Ils s’appellent Tim Berners-Lee et Robert Cailliau.
  2. Erreur 2 : Il y a 30 ans, c’est la proposition du projet « Information Management » (qui donnera naissance au Web) qui a vu le jour. La toute première page web a été publiée en 1990. Elle est toujours visible en ligne.
  3. Erreur 3 : « Cette révolution a un nom : Internet » Bah, non. Son nom, c’est le Web. Internet a débuté dans les années 1960, à partir du réseau militaire américain ARPANET. Internet, c’est l’infrastructure, le réseau. Le Web, c’est une application de ce réseau, comme l’e-mail.

Bonus : une photo de Tim Berners-Lee bébé et sa maman Mary Lee Berners-Lee (tirée du documentaire ForEveryone.net).

The Ultimate Game Boy Talk

Dans cette conférence donnée lors du 33e Chaos Communication Congress, Michael Steil présente en détails pendant une heure l’architecture matérielle du Game Boy. En bon gros fan, j’ai trouvé ça fascinant et j’ai appris plein de trucs. Notamment (à 19:20) :

La boot ROM est le truc qui dessine [le logo Nintendo] et fait le son. Cette boot ROM est inclue à l’intérieur du Game Boy. Et ça a pris du temps avant que ce code ne soit extrait, c’était très pénible (ce n’est pas moi qui l’ai fait). Ce que ça fait, c’est que ça initialise la RAM, le son, prépare et décode le logo qui s’affiche à l’écran, fait défiler le logo, et joue le son. Puis, c’est là que ça devient intéressant : ça compare le logo. Le jeu doit inclure une copie du logo Nintendo. Si ça ne correspond pas, le jeu ne démarre pas. Ça a été fait ainsi pour que Nintendo puisse contrôler quels jeux sortent sur la plateforme. Tous les jeux doivent inclure le logo, ce qui serait non seulement une violation de droits d’auteur mais aussi une violation de marque déposée si vous incluez ça sans la permission de Nintendo.

Séquence de démarrage du Game Boy

J’ai aussi beaucoup aimé les techniques de déformation de visuels pour faire des jeux de courses (à partir de 43 minutes).

Est-ce que CSS est un langage de programmation ?

C’est la question posée par Peter-Paul Koch sur Twitter le mois dernier. Et à mon grand étonnement, la réponse est majoritairement non. Je ne m’étais jamais posé la question, tant pour moi la réponse est positive.

Dans mon esprit, à partir du moment où on écrit du code pour dire à un ordinateur de faire quelque chose, c’est un langage de programmation.

D’après Wikipedia :

Un langage de programmation est un langage formel, qui comprend un ensemble d’instructions utilisé pour produire différents types de sorties. Les langages de programmation sont utilisés dans la programmation information pour créer des programmes qui implémentent des algorithmes spécifiques.

En CSS, on utilise des sélecteurs, des propriétés et des valeurs pour produire un rendu graphique. On « programme » le navigateur pour obtenir un affichage.

CERN 2019 WorldWideWeb Rebuild

Pour les 30 ans du Web (le 12 mars prochain), le CERN a réuni une « dream team » (avec notamment Jeremy Keith et Remy Sharp) pour recréer le tout premier navigateur Web. Ça tourne dans un navigateur web, donc, et c’est franchement chouette (je trouve).

Capture d'écran de mon blog sur le tout premier navigateur

L’utilisation n’est pas des plus intuitives. Pour aller sur un site web, il faut aller dans le menu « Document » puis « Open from full document reference ».

Le site du CERN donne plein de détails sur l’historique du navigateur, où je découvre d’ailleurs la toute première nomenclature de styles (des années avant CSS). Le blog de Jeremy Keith donne quelques autres détails (et plein de liens vers les blogs de ses comparses).

Let’s make the grimy architecture of the web visible again

Lu chez Wired UK, un court article militant pour l’importance des URL.

Si vous êtes le genre de petit malin prétentieux que je suis, vous avez déjà flirté avec des lectures sur la psychogéographie. Et vous aurez médité l’idée que quelque chose dans la forme des bâtiments ou la topographie d’une ville peut affecter votre humeur.

Je pense que c’est vrai aussi pour des URL.

Uniform Resource Locators, ou des adresses web pour la plupart d’entre nous, sont ce qu’il y a de plus proche à l’infrastructure physique du web parmi ce que rencontre un internaute au quotidien. Un développeur web expérimenté peut regarder la structure d’une URL et tirer des conclusions sur la solidité de la construction d’un site, de la même manière qu’un ingénieur structures peut regarder un pont. Mais je pense que nous autres sentons aussi quelque chose ici, même sans savoir exactement ce qu’il se passe.

J’aime beaucoup ce parallèle avec l’architecture. Et le reste de l’article, avec son historique de la « chute » des URL est vraiment bien.

En 2017, j’ai fait ça.

L’année 2017 se termine. J’avais bien aimé me prêter à l’exercice de la rétrospective l’an dernier. Alors rebelotte. En 2017, j’ai fait ça.

2 articles

Même si j’ai partagé une dizaine de notes et de liens, je n’ai publié aucun article  à proprement parler sur ce présent blog. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. J’ai pas mal de brouillons en attente. Mais faute de temps et d’envie, je me suis surtout consacré à d’autres articles sur (prenez un air surpris) l’intégration d’e-mails.

Cette année, j’ai donc publié uniquement deux articles sur mon blog dédié à l’intégration d’e-mails :

Avec le recul, je réalise à quel point c’est dommage d’avoir écrit si peu en français. Parce que j’ai quand même pas mal écrit à côté de ça en anglais.

7 articles en anglais

J’ai publié sept articles en anglais sur mon blog dédié à l’intégration d’e-mails (en anglais) :

L’article d’aide au support du responsive dans Gmail est de loin le plus lu, avec 12 800 vues (selon Medium). Les autres articles oscillent entre 500 et 3000 vues.

3 conférences

Cette année, j’ai eu la chance d’assister à Sud Web en tant que spectateur. Et comme à chaque fois, Sud Web, c’est bien.

Et puis j’ai aussi participé à trois conférences et un lightning talk en tant qu’orateur :

Mon lightning talk sur l’Email Camera est de loin la présentation que j’ai pris le plus de plaisir à préparer et à donner. J’étais tout content de voir la vidéo après coup, jusqu’à ce que je réalise que mon accent anglais accouplé au stress nuisait beaucoup au tout.

2 formations

J’ai donné deux formations cette année (en juin et en novembre), toujours sur l’intégration d’e-mails. Je prends toujours autant de plaisir à donner des formations, même si c’est épuisant. J’espère pouvoir continuer encore en 2018.

Et aussi…

Dans un registre plus personnel, cette année aussi :

  • Je me suis marié.
  • J’ai eu un deuxième enfant.
  • J’ai joué plus de cent heures à The Legend of Zelda : Breath of the Wild sur Switch. C’est assez exceptionnel sachant que je me lasse de la plupart des jeux avant d’y passer dix heures. (Ce qui est le cas de Super Mario Odyssey, par exemple.)
  • J’ai relancé 24 jours de web. Je m’en veux énormément car j’ai complètement lâché l’affaire une fois arrivé le deuxième point cité plus haut. Mais fort heureusement, plein de gentils et gentilles gens ont pris la relève pour que tout tourne. Je reviendrais plus longuement prochainement sur tout ça. Mais merci à celles et à ceux qui ont rendu possible cette nouvelle édition.

Ce que je n’ai pas fait

Sans surprise, mais avec un peu de tristesse, je peux reprendre les mêmes points que l’an dernier. À savoir :

  • Écrire un livre sur l’intégration d’e-mails.
  • Faire une chaîne Youtube pour parler du Web.
  • Mettre à jour le site de ma boîte.

La bonne nouvelle, c’est que je commence à avancer sur ces points (surtout le dernier). J’espère que j’arriverais enfin à trouver le temps de lancer ces projets en 2018.

Bonne année à tous !

Google Clips

À propos de Google Clips, la caméra « intelligente » de Google qu’on pose dans un coin et qui prend des photos toute seule :

Il m’a fallu un moment bien comprendre ce qu’est Google Clips. J’ai eu du mal jusqu’à ce qu’Eva Snee, la responsable en chef de l’expérience utilisateur de l’appareil photo, me raconte une histoire à propos d’une photo qu’elle regardait. Pour moi, c’étaient juste une photo d’enfants. Pour Snee, c’était quelque chose de différent.

« C’est l’une de mes photos préférées », raconte Snee. « Voici mon fils, et mon neveu. On était en vacances en famille, et ils se sont faufilés dehors pour commencer à lire un livre ensemble. Je suis sortie avec mon téléphone et ils se sont arrêtés. » Alors elle posa son Google Clips en face d’eux et s’en alla. « Je suis retournée à l’intérieure avec les adultes, et j’ai obtenu toutes ces photos géniales de ces petits moments entre eux. Des choses que je n’aurais jamais pu avoir. Et pourtant j’ai essayé. »

Google a tellement dépassé la limite du glauque que ses employés trouvent que c’est une bonne chose de violer la vie privée de ses propres enfants.